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 Enlise-toi sous le voile de mon esprit, ose... approche... {Eve

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Gabriel S. Hale

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MessageSujet: Enlise-toi sous le voile de mon esprit, ose... approche... {Eve   Lun 23 Fév - 20:05

    Le silence opiniâtre des heures s’étirait sous l’illusion d’un théâtre bien trop malsain pour ne pas y attirer volontairement les âmes les plus pures. Et les caverneuses déraisons des âges esquissaient les visages ternis par la noirceur des lieux, des murs ténébreux et d’une opacité maladive. Mais rien ne devait en troubler la quiétude insidieusement recherchée, ne serait-ce que quelques notes de musiques, le tourne-disque ne laissant entendre qu’un ronronnement frondeur, indiquant clairement que le disque était terminé, mais l’être qui se trouvait dans la pièce n’esquissait aucun geste, paisiblement installé dans un canapé. Un livre retombait sur ses genoux, à peine tenu dans le creux de ses mains, de ses paumes. Il n’y avait plus que le souffle invisible d’une conversation à peine saisissable par le jeu de ses prunelles instables et maladives, incapables de s’appliquer à observer une chose bien précise.

    Crois-tu qu’elle sera là encore ?
    Oui, si tu sors. Ici. Non, là-bas !
    Gabriel, mon doux ange, pourquoi restes-tu ici ? Dehors c’est mieux. Oui, il y a…
    > Je ne veux pas.
    Quoi donc ? Tu n’aimes plus les regarder ? Eux ? Oui eux !
    Oh cette gracile créature qui te sert de voisine.
    Plus loin. Si près. Et cette autre. Oui celle qui t’espionne… crois-tu qu’elle ait placé quelques choses dans ton appartement.
    Oh mais regarde. C’est vrai, tu n’avais pas fermé. Crétin ! Idiot ! Imbécile !
    As-tu vérifié avant de t’asseoir ? Non. T’as oublié ! Décérébré végétatif ! Monstre d’insanité… les reflets carmins t’iraient si bien !

    Un long frisson s’ingénia à dériver le long de son être, le secouant fébrilement, donnant au pantin désarticulé, à la marionnette immobile l’aspect d’une poupée brusquement secouée par les effets de la vie. Sinuait-elle au fond de lui, s’ingéniant à l’obliger à se lever, à frémir sous l’idée que quelqu’un pouvait se trouver en ces lieux, que quelqu’un ait pu déposer un objet, pour l’écouter, pour l’observer. Qui ? Oui mais qui ? Une ribambelle de visages glissait derrière ses paupières qui papillonnaient fébrilement sous l’instabilité de son âme égarée, son souffle se raréfiant sous l’insignifiante utilité qu’il possédait encore. Rêver, il le fallait parfois, pour simplement perdre pied, divaguer inlassablement sur ces mers opaques. Pourquoi s’attaquer à lui alors qu’il n’en voulait à personne, ne se préoccupait de quiconque ? Était-ce un crime de n’avoir de pensée que pour son frère, son autre, son propre reflet ?

    Brutalement, comme si tout ceci n’avait aucun sens, comme si l’on avait pu se tromper, que son cœur poursuivait ses battements insensés sous l’écho lascif des ténèbres frondeuses du purgatoire, il se redressa. Et ce fut un bruit mat qui lui répondit, le livre, celui qui se trouvait auprès de lui quelques secondes plus tôt venait de s’échouer sur le sol sans la moindre sommation, surpris dans sa végétation, sa sournoise immortalité des mots qu’il contenait ainsi. Et titubant sous l’esquisse de quelques pas, ses mains prirent rapidement le chemin des tiroirs, des oreillers, des placards, sortant frénétiquement tout ce qu’ils pouvaient contenir, précipitant le tout sur le plancher meurtrit par tant de violence, tressaillant sous chaque accoue de l’être qui poursuivait, à la recherche de ces moyens que l’on avait glissé dans son appartement, il en était certain, convaincu.

    Ici. Oui…
    Malade ! Dépressif ! Prend-le… oui prend-le !

    Prendre quoi ? Cette lame qui venait de le blesser dans sa recherche, s’enfonçant rudement dans sa chair, immobilisant son instabilité à la vue de son propre sang, le laissant porter sa plaie à ses lèvres, la liqueur voluptueuse glissant le long de sa gorge sous le plaisir dérisoire, celui de réapprendre cette fallacieuse saveur que d’autres auraient voulu… Comme lorsqu’il était enfant, si jeune, et que l’une de ses compagnes de jeu s’était blessée… il avait naturellement menée son doigt à ses lèvres, inspirant le précieux liquide qui s’esquivait de sa coupure. Stupéfiant sa mère qui se tenait à quelques pas, assise sur un banc avec d’autres parents, Tristan aussi n’avait pas saisi, pas compris ce qu’il se produisait.

    Était-ce un crime de soigner ainsi ? Mais pour quelle raison ? Il ne l’avait jamais compris, jamais. Et ce fut sous les réminiscences de ce souvenir qu’il attrapa le manche du couteau, observant la lame sur laquelle quelques gouttes de son sang dérivaient encore, ingénieuses échappées qui désiraient continuer, découvrir bien d’autres terres sous l’éternité frondeuse qui les gardaient prisonnières. Mais loin de se précipiter sur la porte comme l’aurait souhaité les voix, il jeta au loin le poignard avant de courir près des fenêtres, secouant les lourdes tentures, se raccrochant à elles en risquant de les arracher de leur support.

    « Ici… c’est ici. » murmurait-il en une litanie qui ne voulait cesser, s’interrompre.

    Et l’on pouvait voir son front ruisseler sous la crainte, ses angoisses les plus douloureuses qui l’enlaçaient encore. Oh sauvez-vous ! Abandonnez-le ! Qu’il puisse expier une nouvelle fois les crimes de ce monde insipide dans lequel il ne résidait plus. Personne, personne ne pouvait le comprendre, ni lui, ni ses phases aiguës de délire comme celle qui le tenaillait à cette seconde, assourdissant son souffle qu’il peinait à retrouver malgré ses pieux efforts. Pourquoi… pourquoi… pourquoi… ne cessait de tourner dans l’ombre de son esprit.

    Perdant pied, s’enlisant dans cet insupportable marécage, ayant l’impression de subir ces regards, cet insoutenable espionnage qui ne cessait de le hanter. La poignée céda sans résistante, la porte claquant derrière lui sous une secousse tellement silencieuse pour les habitants de cette bâtisse, tandis qu’il descendait les escaliers sous une certaine anxiété, jetant frénétiquement des coups d’œil à sa suite, comme pour s’assurer qu’il n’était pas suivi, que l’ombre de son appartement n’allait pas venir avec lui jusque dans la rue dans laquelle il se retrouva. Il était perdu, isolé du monde, entrevoyant des horreurs sournoises que d’autres ne pouvaient entrevoir.

    Elle ! Regarde-là… faisant l’innocente !
    C’est elle qu’on te dit ! Imbécile ! Si tu avais gardé ton arme !
    > Elle… ?
    Oui ! Oui ! Oh Gabriel, elle te veut du mal. Fais-moi confiance. Nous t’aimons tellement.

    « Elle. » marmonna-t-il en fixant d’un regard acéré celle qui se tenait à quelques pas de lui seulement, le voile de ses paupières ternissant sa vision durant l’ombre d’une seconde… elle.

    Ses mains pendaient le long de son corps parfaitement inexpressif, il n’y avait que ses prunelles qui paraissaient vivre et exprimer l’ombre de ses ténèbres. Et elle était responsable de sa tourmente à cette seconde, les voix le lui disaient, alors elles avaient raison. Raison, c’était cela le maître mot. Juste celui-ci. Et rien d'autre ne comptait.
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Everanna P. McAllister

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MessageSujet: Re: Enlise-toi sous le voile de mon esprit, ose... approche... {Eve   Mar 24 Fév - 6:53

    J’était chez moi, dans ma bibliothèque, un livre à la main, la bibliothèque, le seul endroit ou je me sens totalement bien, un calme régnant entre ces quatre murs, seul le bruit des pages que l’on tourne trahissant ma présence. Les livres de cette bibliothèque je les ait lut au moins une fois tous, deux fois pour certain. Les livres, les seul à qui j’accorde l’attention que je n’ai pas eue lors de mon vivant. J’était assise sur la chaise du bureau aménagé dans cette pièce, tournant inlassablement les pages, je ne voyait plus ce que je lisait, j’était tombé endormie sans même m’en rendre compte. Je rêvais, un rêves sans signification. « Tout d’abord j’était dans la bibliothèque, on venait frapper à ma porte, j’allait ouvrir, et j’avais en face de moi quelqu’un que je ne connaissait pas, la seconde d’après le décor changea, je me retrouva dans la barque m’ayant amené au purgatoire il y a 65 ans, sans que je comprenne pourquoi le décor changea une nouvelle fois, il faisait sombre, je ne voyait pas à deux mètres, des chuchotements m’entourait, j’essayait de comprendre ce u’ils disaient, mais je ne comprenait pas, il ne parlait pas ma langue, soudain je fut attrapée dans le dos et … »
    Plus rien, je me réveilla en sursaut.

    Je me leva alors de ma chaise, laissant le livres tombé à mes genoux sur le bureau, et me dirigeant ensuite dans le salon, et alla m’installer dans le canapé, je n’y resta pas longtemps, j’était tel une pile électrique ne sachant pas rester en place, une boule de nerf, il est rare que je sois ainsi ais cela m’arrive. Je me lève donc du canapé où je suis restée à peine une minute et me dirige vers la fenêtre, fermant es yeux quelques instants, je les réouvrit quelques minutes plus tard, regardant par la fenêtre, les rues déserte, sombres. Ne trouvant rien d’autre à faire, je ferma les tenture aussi vite que je m’était levée de mon canapé. Regardant autour de moi, je ne trouvait rien d’autre à faire. Bouger, je dois bouger, sortir, sortir de mon appartement, sortir dehors prendre l’air, non pas l’air, peut-on dire qu’on a besoin d’air quand on est déjà mort ? En as-t-on vraiment besoin ?

    Je suis morte il y a de cela 65 ans, suicide … pourquoi ? Le poids de tout mes crimes, je craignait une chose ici au purgatoire ! Une seul et unique chose ! Croiser l’une de mes victimes, une de ses nombreuses victime ayant été tué en un coup de poignard, voilà qu’elle était ma plus grande peur. Je ne suis pas encore devenue folle et pourtant après toute ces année dans le purgatoire, à croiser certaines personnes l’étant, j’aurais pu le devenir. Pendant un moment de ma vie de morte je croyait entendre les voix de mes victimes, me criant dessus, me lançant des menaces qui ne pouvait êtres exécuté, mais à chaque fois je me réveillait en sursaut, c’était a chaque un cauchemar, je préférait ça, à la réalité. J’était toujours près de la fenêtre, je me dirigea vers la porte d’entrée, tournant la poignée, refermant derrière moi et descendit doucement mais sûrement les marches me séparant de l’extérieur.

    J’était maintenant dehors, à l’entrée de la bâtisse rassemblant les appartements, j’avança alors de quelques pas, pourquoi ? Je n’en savait rien, mon instinct qui me disait qu’il fallait que j’avance de quelques pas. Je ne bougea pas pendant quelques instants, puis me résigna à me retourné, j’avais entendu un bruit derrière moi, c’était mon voisin, enfin je crois … Il me regardait, d’un air que je qualifierait pas d’amical, un air qui voulait du mal ou quelques chose comme cela. Je le regarda à mon tour, ne bougeant pas, que me voulait-il ? Pourquoi me regardait-il de cette manière ? Pourquoi ? Pourquoi ? Trop de questions …

    « Que me veut-il … ? » Me demandais-je dans un murmure audible pour moi, mais inaudible pour lui.
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