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 » COMME UN AIR DE MUSIQUE [AIDAN]

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Heather M. Trestman
    » La Marionnettiste

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MessageSujet: » COMME UN AIR DE MUSIQUE [AIDAN]   Lun 23 Fév - 15:28








    Le soleil n'avait de cesse de la poursuivre. Ce champ bataille immaculé avait opposé deux adversaires de taille en cette douce soirée. Le blanc des draps semblait ravi des dernières caresses chaleureuses de l'astre; au grand damne de leur occupante. Elle avait toujours eu horreur du soleil. Le trouvant trop pressant, trop présomptueux pour être supportable. Dédaigneux; il narguait le monde de son sourire impérissable; se vantant de se lever chaque jour sans déroger à la règle tandis que nous; pauvres mortels, subissions les affres du temps. Mais c'était de l'histoire ancienne; Heather en avait agréablement conscience. Elle prenait un malin plaisir à toiser l'étoile fière de sa nouvelle éternité; aussi immuable qu'une statue de marbre aux traits trop parfaits.

    Ainsi; ses paupières évitaient ses rayons agressifs qui perçaient opiniâtrement les fins rideaux noir de jais. Cette fuite l'avait conduite à quelques centimètres du gouffre qui la séparait du sol alors que ses doigts entrelaçaient fermement la flanelle de sa couche. Mais le soleil couchant la poursuivait avec âpreté et bientôt; la belle endormie fut contrainte de se lever afin d'esquiver le traitre oppresseur. Se maudissant d'avoir eut l'idée saugrenue de tourner le grand lit à baldaquin vers le Nord; la délicieuse psychologue sortit de son exquise léthargie; lentement, une paupière après l'autre, comme savourant la moindre seconde de ce répit silencieux.

    Ses grands yeux en amande vagabondèrent alors sur la chambre aux dimensions effarantes. Ils ne purent y rencontrer que deux teintes : le noir et le blanc. Chaque parcelle de cette pièce épurée et ravissante était revêtue d'un voile parfait aux aspects d'instantané. Chaque chose y avait sa place; rien de plus. Naturelle et sans artifice; il semblait à présent évident que cette chambre n'aurait pu appartenir à quelqu'un d'autre qu'à Heather. Subrepticement; une masse furtive et silencieuse s'y glissa par la porte entrouverte; esquissant un feulement comparable à un doux ronron. Le félin à la robe aussi noire que le tapis sur lequel il s'aventurait; s'avançait d'une démarche gracile et élégante qu'on ne pouvait s'empêcher d'assimiler à sa préceptrice.

    Mais son adorable maitresse ne parut pas le remarquer et s'éloigna d'un pas vif et assuré avant de disparaitre dans l'encablure de la porte. Ses cheveux aux reflets carmins laissaient s'échapper des effluves savoureuses de vanille et de jasmin; un parfum fleuri unique et incomparable. Sa silhouette délicate s'afféra dans l'appartement de gestes précieux et habitués. Finalement, la porte claqua et l'odeur immonde de la rue s'engouffra avec avidité dans ce paradis perdu, stigmates candides et oniriques d'un passé pour le moins consumé.

    C'est cet air; mélodieux et précieux qui attira son oreille. Telle la dernière des complaintes, divines et sensuelles, elle fit rouler une larme sur la joue de cette poupée de porcelaine. Le silence avait enveloppé la rue de son long manteau; plongeant les lieux dans une atonie reposante et rassurante. Pas une âme n'aurait osé interrompre ce morceaux idyllique qui avait ce don incroyable de transporter son auditoire. Inexorablement; les pas d'Heather la conduisirent vers ce nouvel illusionniste sans prendre le temps de la consulter vraiment.

    Mais déjà; le piano effaçait ses pensées pour mieux l'emplir d'une passion dévorante...


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Aidan G. Eden
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MessageSujet: Re: » COMME UN AIR DE MUSIQUE [AIDAN]   Lun 23 Fév - 22:41

    Sunday, Bloody sunday... je fredonnais cet air tellement connu tandis que mes pas résonnaient dans l'atmosphère figée de la rue, les mains distraitement étalées le long du corps, comme de longues araignées attendant de déployer leurs membres afin de saisir quelque proie naive. Mon regard clair se porta sur le Sunday, Bloody Sunday, justement... une gallerie d'art assez hors du commun. Y exposaient leurs oeuvres artistes et musiciens, dont moi. Je prenais plaisir à effleurer les touches blanches et noires du piano à queue trônant en son centre, faisant découler une mélodie envoûtante qui semblait hypnotiser mon auditoire... Derrière leurs solides grilles de fer forgé, les fenêtres de la gallerie étaiemt obscures, et les porte-torches vides. Tout renvoyait à l'abandon, à l'usure dûe au temps qui passe et aux marques que laissent les êtres: là, l'impact d'une balle datant d'il y avait bien longtemps déjà... Mes doigts l'effleurèrent, comme si son contact pouvait me chuchoter son histoire... Je me rapprochai davantage, finissant par pénétrer dans les bâtisse déserte. Et vous, feriez-vous comme tant d'autres avant vous? Colleriez-vous votre oreille contre les barreaux froids, si froids... froids comme une âme, comme le gouffre... Et alors, vous écouteriez. Détourneriez votre attention, contenteriez-vous de vous concentrer sur les claires notes emplissant l'air poussiéreux de l'endroit. Les Variations Goldberg, interprétées à la perfection, avec une claire dextérité dont personne ne serait capable. Une musique transcendante jusque dans l'âme, une musique à faire frémir, à damner un saint... à bouleverser les fondations mêmes de la création. Si vous vous croyiez invulnérable, entreriez-vous? Pénetreriez-vous ce palais tellement chargé de sang et de gloire, risquer votre visage à travers la toile impalpable des ténèbres, vers les notes cristallines qui jaillissent, exquises, de cet instrument qui semble au premier abord si banal, et dont je tirais ces sons incomparables...

    Entreriez-vous, vraiment? Poursuivriez-vous votre périple vers le plus grand danger que vous pourriez possiblement courir? La lueur rougeoyante tombait sur un piano à queue décoré et sur un homme que les autres avaient appris à écouter ; moi, Aidan Genesis Eden... Son maitien était droit, élégant, le torse captivé par la musique, des reflets sombres dans les cheveux, châtoyants... Notre musicien avait un grand sourire lorsqu'il achève le morceau avec autant de talent qu'auparavant. Sourire aux lèvres, je repris une fois de plus la sarabande afin de satisfaire mon seul plaisir, et tandis que la derniere corde finissait de vibrer avant d'abandonner la vaste pièce au silence. J'ouvris enfin les yeux, mon regard clair croisant celui de celle qui était là depuis un moment ; Heather Trestman. J'avais senti sa présence davantage qu'entendu, car, douce et légère, la jeune femme ne faisait pas davantage de bruit qu'une souris en aurait fait. Lentement, ne me pressant pas par un élan de quelconque courtoisie mais néanmoins amusé par sa présence, je me retournai entièrement vers elle, me levant en la dominant ainsi de ma haute charpente. La marionettiste, voilà comment elle se surnommait. Charmant, vraiment. Petit sourire ironique aux lèvres, je la fixais d'un air tranquille, presque ennuyé, alors qu'à l'intérieur, je me demandais ; what's next, Heather? show me. show me the crying lambs inside your head.... Elle semblait un pâle reflet de moi, et cela m'amusait grandement. Également ex-psychiatre, avec une grande tendance à exploiter les peurs des autres... et moi? Amusant et amusé. Embourbé dans une éternelle blague qui existerait et continuerait de me faire rire aussi longtemps que je le voudrais.. Double personnage, chacun représentant une facette de moi, mais ô combien nombreux seraient mes personnages si je devais vraiment toutes les représenter... On ne pouvait nous traiter ensemble, tous ignoraient que nous étions reliés, d'ailleurs, puisqu'étant complètement différents l'un de l'autre... Je m'approchai lentement d'elle, m'amusant ouvertement. Elle ne me comprenait pas, ne me comprendrait jamais, à l'instar de tous ces gens qui me voyaient. Et je trouvais cela tellement drôle, cette confusion dans ses yeux quand je parlais, cette cruelle hésitation... Ma voix douce mais grave, à l'image du velours, résonna dans la gallerie, alors qu'un vague courant d'air entrait, faisant balancer ses cheveux et relevant les miens contre mon visage pâle, en contraste évident avec ma chemise de soie noire. En moi, un féroce désir pour cette jeune femme se tenant devant moi... mais aucun désir de le laisser paraître, justement. Sa confusion m'amusait énormément, quand elle me répondait. Je savais bien que comme moi, elle s'exprimait souvent par palabres et réponses distordues... mais il semblait qu'elle ne parvienne pas à se concentrer suffisament, en ma présence, pour faire usage de toute sa science...

      « Heather Manuealla Trestman. Il semblerait que la musique ait des propriétés curatives pour tous... »


    (carrément à chier, pidooon =X)
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Heather M. Trestman
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MessageSujet: Re: » COMME UN AIR DE MUSIQUE [AIDAN]   Mar 24 Fév - 17:34


    Lentement, avec une précaution infinie; elle était entrée. Tous la connaissaient à présent, et pourtant; les prunelles des hommes présents restèrent voilés d'une tendre illusion; de l'espoir fou qu'elle baisse les yeux vers eux. C'était peine perdue; ils le savaient mais ne pouvaient que se laisser aller à des suppositions douteuses et improbables. Si vous en interrogiez un; il vous répondrait qu'elle n'a d'yeux que pour elle; elle et Aidan G. Eden; ainsi que pour son obsession. Nul autre ne semblait avoir la chance de rentrer dans ses priorités; dans cette vie sempiternelle aussi comprise qu'ignorée; véritable dédale de mystères et de démence. La complexité qui baignait ses pas avait ce don incroyable de laisser songeur; presque rêveur face à la réalité froide et cassante de son visage enfantin. Beaucoup se perdait en contemplation; plongeant avec avidité dans l'azur de ses yeux comme dans le plus vaste des océans. Ils étaient si énigmatique; ainsi cernés par cette lueur fugace mais violente qui aurait créé un frisson jusque chez le plus vaillant des gladiateurs. Ainsi; la belle avait pris un siège; toisant de sa prestance étouffante les insignifiants; éclipsant de plus bel les timides et les fous. Comment une créature aussi dérangée pouvait-elle ainsi respirer la connaissance et l'assurance ? S'en était presque déroutant; mais visiblement; c'était le cadet de ses soucis et bien vite; elle replongea dans la mélodie qui l'avait attiré dans les filets de cet amant impossible.

    Aidan... Pourquoi faut-il toujours que ce soit toi ? Tu m'agaces; m'irrites; me pervertis comme aucun autre avant toi. Pourquoi donc ne puis-je pas lire dans tes yeux comme dans ceux de tous les autres ? Et enfin pourquoi a-t-il fallu que le créateur t'afflige de cette moue délicieuse et sensuelle que je rêve depuis trop longtemps de voir devenir mienne ? Tes traits séraphiques sont trop parfaits pour le peu que je réussis à cerner de tes sourires candides et adorables. Je hais cette impression que tu insinues odieusement en moi; telles les chaines qui me clouent au sol; m'interdisant cet envol vers ta propre connaissance. Véritable casse tête; tu es mon mystère personnel; celui que je devrais comprendre avant de m'enfoncer dans une éternité de déraison; ma sirène inlassable et moi l'Ulysse amère et trop curieux. Tu menaces cette dangereuse embarcation qui est la mienne; la conduisant tout droit au naufrage et pourtant, rien n'y fait; je me perds encore dans des suppositions farfelues et incongrues en quête de ce Saint Graal invisible... Pourquoi donc n'abrèges tu pas mes souffrances ? Pourquoi donc me laisses tu tergiverser face à l'insoluble ? J'aimerais te connaitre; j'aimerais te cerner, pour enfin trouver la paix et annihiler ces tourments insupportables.

    Regarde toi ! Fort de cette assurance que je ne pensais voir que dans un miroir ! Et quel pâle reflet je fais à côté de présence accablante ! J'ai l'effroyable sensation de n'être qu'une figurante au milieu de ton monologue; une figure furtive et fugace qui n'attire pas un seul instant l'attention de l'auditoire ! Je te maudis pour cela ! Heather Manuella Trestman, qui toujours a su émerveiller par cette capacité extraordinaire de déduction et d'analyse vient de tomber dans la désuétude la plus totale; détrônée par cet être si charmant qu'elle ne peut lui en vouloir... Assez !! Mon orgueil ne pourrait en supporter davantage; je dois résoudre ton équation; déchiffrer cette énigme si complexe et paradoxale; sans quoi je sens que je plongerais dans le néant de l'irrationnel plus encore qu'à cet instant précis.


    La dernière note glissa contre les parois de la salle exiguë; la plongeant par la même occasion dans un silence cadavérique alors que les applaudissements se firent attendre; sans doute trop effrayés par la majesté dont faisait preuve le pianiste. Une seule personne ne joignit pas ses efforts pour récompenser Aidan. Je vous laisse deviner de qui il s'agit. Assise dans l'ombre de ce prestige écœurant; elle contempla en silence l'avancée du maitre de cérémonie; revêtu de cette habituelle toge d'élégance. Ses traits s'étaient éteints; comme transparents et imperméables à la moindre des émotions. Mais était-elle encore capable d'en ressentir ? Ce meltin pot détonnant qu'elle avait appris à gérer à ses dépends s'était finalement apaisé; redorant le blason de son loup froid presque hautain qu'elle adorait tant afficher. Pas la colère; pas la joie; pas même le désir ne venait tourmenter son visage. Elle n'était que l'image parfaite d'une poupée de cire; déesse sublime immortalisée dans le marbre pour l'éternité.

    Mais ses doigts entrelacés se mouvèrent lentement; brisant leur étreinte avant que ne suive le reste de la silhouette délicieuse d'Heather. La jeune femme se leva; quittant ce modeste confort pour mieux apprécier le parfum de celui qu'elle ne souhaitait pas voir mais qui finalement, l'avait remontée dans ses filets. Contrainte de lever ses prunelles turquoises vers lui; elle resta silencieuse un instant avant qu'enfin; cette voix douce et suave si envoutante ne vienne briser l'innocence de sa posture.

      - Qui a seulement osé dire que j'avais besoin de panser ces plaies imaginaires ?

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