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 Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish

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Gabriel S. Hale

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MessageSujet: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 6:47

Gabriel Smith Hale



      Qui es-tu ? Gabriel
      Et quel âge as-tu ? Autrefois j'en avais 26, aujourd'hui...
      Depuis combien de temps es-tu au purgatoire ? 83 ans.
      C'est long... Crois-tu ?
      Toi pas ? Moi non.
      Et tu es pour le bien ou pour le mal ? Pour Tristan. Pour le protéger. [Le bien]
      Tu sais faire des choses ? Tu fais parti d'un groupe ? Possible. [Chosen One]
      Quoi par exemple ? Je peux copier les pouvoirs des autres... et je manipule la glace.
      Hum... pas mal, et tu es né où ? En Angleterre.
      Oui mais où ? A Londres.
      Qu'y faisais-tu ? J'enseignais... la littérature.
      Un bon ? Un bon.
      Et comment es-tu mort ? Le suicide.
      Pourquoi ? Parce que. Et toi pourquoi tu le demandes ? Tu le sais que je me sentais coupable... toi, mon tourment.




Dernière édition par Gabriel S. Hale le Sam 21 Fév - 16:27, édité 1 fois
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Gabriel S. Hale

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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 6:48

Un jour important de ma vie... et pourquoi pas ma mort.



    « Il est mort et tu n’y peux rien Gabriel… » lui murmura sa mère en tendant une main emplie d’une tendresse apaisante vers sa joue, mais ce fut d’un geste bref, sec, que la sienne repoussa le contact qui se serait alors révélé inévitable.

    > Ne me touche pas !
    > Ne me touche pas !

    Tu es fou !
    > Je les entends, elles sont là, elles m’oppressent, me rendent coupable.
    > Encore… taisez-vous…

    C’est ta faute. Tout est de ta faute !
    > Taisez-vous !

    La vieille femme se sentit défaillir sous le rejet de son second fils… elle venait d’en perdre un, pourquoi le second la repoussait-elle ? Mais en vérité, ce qu’il savait, ce qu’elle pensait, c’était tout simplement que le destin s’était trompé d’enfant. Il avait emporté le mauvais, c’était Gabriel qui aurait dû mourir, et non Tristan. Oui… celui qui portait le nom d’un archange, pauvre de lui, sans doute devait-il pleurer de désespoir en imaginant qu’un être tel que lui, ce visage d’ange inexpressif depuis si longtemps, n’avait de cesse de rappeler au monde combien les anges pouvaient être fous.

    « C’est moi qui aurait dû mourir.
    - Ne dis pas ça… » sanglota-t-elle brusquement en portant sa main à ses lèvres comme pour étouffer un gémissement plaintif face à l’horreur qu’elle entendait ici.

    Tu es le mal, ça ne peut être que de ta faute… regarde-toi ! Crétin ! Idiot ! Moins que rien ! Infâme créature !
    Tristan est mort à cause de toi ! Elle le sait, elle ne veut pas faire de peine au Crétin. Elle ne veut pas t’avoir à sa charge. Sale poids ! Sale fou !
    > Taisez-vous ! Taisez-vous !

    « TAISEZ-VOUS ! » hurla-t-il en plaquant ses mains sur ses oreilles comme si cela allait les arrêter, comme si…

    Mais cela ne les arrêtait jamais. C’était comme un manège qui tournait de plus en plus vite, et dans lequel on commençait à avoir mal au cœur, notre esprit semblait s’emprisonner dans un étau, nous faire de plus en plus mal, et le sol paraissait si loin, si bas, que l’on menaçait de s’écraser sur le sol si l’on tentait d’en descendre. Et lorsque l’on n’en pouvait plus, lorsque l’on aurait voulu le faire, les condamner au silence éternel, leurs doigts acérés sinuaient sur votre chair, paraissant la brûler d’une manière douceâtre, presque insoutenable, vous empêchant de leur échapper. Et il avait si mal depuis la seconde où le souffle de son jumeau avait disparu. D’ailleurs il l’avait su à l’instant où cela s’était produit, son cœur palpitant plus rapidement, ses traits se tordant en une grimace immonde ; ses élèves n’avaient pas compris. Après tout, il était bizarre monsieur Hale : jamais un sourire, jamais un geste symbolisant qu’il était doué de passion, capable d’exprimer le moindre de ses sentiments, jamais.

    Mais le silence… non ce n’était pas habituel, il partait généralement dans des discours chaotiques, décousus, mais qui accordaient un charme fascinant aux cours qu’il offrait, comme si brusquement le monde d’une Alice se serait entrouvert aux regards ébahis des curieux, avant, après, un grand, un petit, une bouchée et l’univers perdait de sa tangibilité. Il ne répondait jamais immédiatement, mais finissait par le faire, ne parvenait pas à suivre un discours trop long, même le sien. Ses étudiants avaient appris à le connaître, à le saisir, lui et son air mystérieux. Sa bouille presque enfantine, perdue, en attendrissant quelques uns parfois, lorsqu’ils croisaient son regard, comme à cet instant où certains avaient tenté de lui parler, que ses prunelles avaient glissées sur eux sans parvenir à les voir. Ils n’existaient pas, ils n’existaient plus. Là ils s’étaient inquiétés, criant des ‘monsieur ! Monsieur !’, plus encore ces demoiselles qui avaient tendance à aimer cet homme particulier, rêvant d’une aventure dans les dérives de son âme, laissant ses mains serpenter sur leurs courbes offertes. ‘Monsieur ! Monsieur !’ Ca n’en finissait pas.

    « Gabriel ! Gabriel ! Reviens-moi ! Reviens… » pleurnichait sa mère dont il ne venait d’entendre que le dernier mot, ce ‘reviens’ pitoyable.

    Il constatait à présent qu’elle s’était rapprochée, avait même passé ses bras aussi autour de son être, tentant de le bercer comme lorsqu’il n’était qu’un tout petit garçon, perdu dans l’ombre taciturne de ses mauvais rêves, ceux qui revenaient le hanter lorsque les voix finissaient par se taire lors de ces nuits invisibles et volages. Il ne fallait pas perdre pied ou c’était l’asile, voici ce que les voix lui avaient toujours dit, répété inlassablement. Mais c’était à croire qu’elles ne désiraient que cela : le pousser à la faute, ses doigts se maculant d’un sang encore invisible. Pourtant il était malade, il… oui, comment ne pas s’en douter, il était différent, le docteur de la famille le lui avait dit lorsqu’il avait dix-sept ans. C’était venu comme ça, du jour au lendemain, il avait commencé à les entendre, répondant dans la rue aux personnes qui le fixaient comme s’il était fou ; à l’école parce qu’il pensait que cela venait des autres ; à la solitude lorsqu’il se rendit compte que finalement, il n’avait pas besoin d’ouvrir les lèvres pour obtenir les réponses. Sa vie se disloquait sous ses yeux, tout le monde lui en voulait, il était coupable de tant de choses qu’il lui fallait les expier dans le sang, la souffrance, mais il n’y parvenait pas. De justesse, la seule personne qui avait toujours été capable de le relier à la terre, à cette réalité propre était son jumeau : Tristan.

    Elle veut que tu prennes sa place ! Après tout c’est de ta faute ! Ta faute ! Ta faute !
    > Je peux pas…
    Non car tu es toi… Nous on t’aime… tue-là pour ne voir que lui ! Allez !

    D’un geste vif, il la repoussa, titubant sur le sol devenu subitement instable, cherchant désespérément son jumeau qu’il ne trouvait pas. Où était-il ? S’il était avec sa mère, il devait forcément se trouver ici, jamais il ne venait la voir seul, et si elle venait, jamais elle n’aurait eu l’audace, le courage de le toucher ainsi. Du moins plus depuis plusieurs années déjà. Avant de se souvenir : il était mort. Mort. Mort. Mort. Le mot résonnait dans son esprit, recouvrant les monstruosités des voix qui se refusaient à le laisser en paix. Pourquoi était-il parti ? La vie était injuste, terriblement, il avait besoin de lui, de le protéger où qu’il soit. Il ne voulait pas qu’il l’abandonne, il voulait le rejoindre, se punir, se flageller de tout… car il était responsable de toutes les souffrances du monde, il le savait, elles le lui avaient dit, et disparaître lui aussi. Elle était là la solution, à portée de main et il ne parvenait à la saisir que maintenant ; pourquoi si tard ?

    « Tu… » lacha-t-il avant de marquer une hésitation, ses paupières venant absoudre son regard dans l’immoralité des ténèbres. « … mens. »
    « Va-t-en ! » s’exclama-t-il encore, ses lèvres à demies entrouvertes… ses pupilles se braquant violemment sur ses traits.

    Avant de finalement réaliser qu’il était chez elle. Pourquoi ? Il ne savait plus si elle l’avait appelé, s’il était venu pour trouver des réponses ou même savoir tout autre chose. Il avait tout simplement perdu cette parcelle si brève de son existence dans les méandres des ombres de sa maladie qui ne se révélait finalement tangible que dans ses rares instants de lucidité où il se rappelait d’autrefois, d’avant, lorsqu’il se trouvait auprès de Tristan et qu’ils parlaient tout simplement. La vieille femme à la blondeur pourtant juvénile, resta figée, ses iris perdus dans l’azur de celui de son second enfant, celui qu’elle avait finalement perdu depuis si longtemps, s’y refusant pourtant, s’y raccrochant sous le désespoir maladif d’une survivante. Il l’avait accusée des pires maux, d’être celle qui avait introduit en lui l’essence même du mal, et de s’assurer simplement que ce dernier s’épanchait convenablement dans les lignes de son âme. Une folie… ce n’était que cela lorsqu’il succombait à ses crises de délire qui s’esquivaient ensuite, perdant de leur véracité tout aussi subitement que cela venait à se produire. Pourtant elle se souvenait encore de ses doigts glissant dans sa chevelure sombre et éparse, de ses doigts délicats d’écrivains, de ses premières passions juvéniles dans lesquelles il s’était laissé glisser… écrire, jouer d’un instrument. Aujourd’hui, il n’arrivait plus à entamer intégralement une mélodie, pourtant il la connaissait, mais son attention déviait ; rien n’avait d’importance… plus rien. Ou presque.

    D’un pas vif, presque égaré, il s’approcha de la porte, laissant sa main glisser sur la poignée pour la faire rapidement céder.

    « Reste… ! » l’entendit-il appeler alors que ses pieds foulaient avidement le sol, son visage glissant sur le côté, son regard aux reflets des mers s’égarant sur le visage décomposé de celle qui l’avait mis au monde.
    « Non.
    - Gabrielllllll ! » l’appelait-elle alors qu’il dévalait à présent rapidement les escaliers… c’était sa faute.

    Tout était de sa faute. Tristan n’avait été que la goûte d’eau qui s’évadait distraitement du vase, et son cœur saignait sous la carapace de son buste trahissant une musculature légère mais appréciable. Et elle avait tenté de le rattraper, ses pas résonnant à sa suite, mais se dissipant à mesure qu’il gagnait du terrain sous la vitesse qui était la sienne. Mais il ne savait pas où aller à présent… que faire pour soulager le monde, pour apaiser ces regards agressifs qu’il sentait peser sur son être tandis qu’il divaguait dans la ville de Londres, ses prunelles, devenues folles, ne s’échouaient jamais bien longtemps sur la moindre création des hommes. Tandis que la pluie se déversait impitoyablement du ciel, rehaussant le niveau de la tamise qu’il entendit bientôt vrombir à ses pieds, lui indiquant nébuleusement qu’il se trouvait sur un pont, laissant son pas se ralentir indubitablement, son souffle devenir plus sourd, plus effacer.

    > Si je saute c’est fini…
    Rien ne lui répondit que le silence angoissant de son âme, tandis qu’il plaquait ses mains sur la rambarde de pierre, la gravissant bientôt pour laisser ses jambes se balancer dans le vide.
    > Si je saute c’est fini.
    L’eau sembla tourbillonner plus violemment en contrebas comme pour lui donner raison. La noyade était inévitable s’il y tombait, la Tamise était devenue folle, éperdue de tristesse sous les larmes que le ciel laissait s’égarer sur Terre face aux horreurs dont il était coupable. Vous entendez, coupable ! C’était monstrueux cette angoissante culpabilité qui le suivait à présent sous la forme d’une ombre noire, nouvelle irréalité produite par son âme. Elle ne parlait pas, se tenait quelques pas en retrait, n’attendant plus que la victime se fasse bourreau et périsse dans les eaux tumultueuses.

    Il sauta sous le hurlement d’une femme qui avait tenté de l’arrêter mais dont il n’avait même pas eu conscience, les doigts de cette dernière glissant désespérément sur le tissu de sa chemise, la préservant d’une mort certaine si elle était parvenue à s’agripper suffisamment fort à lui. L’eau s’était glissé traîtreusement dans sa gorge, commençant à le faire suffoquer, ses bras s’agitant sous le désespoir insensé de retrouver la surface et cet air qui lui avait semblé si ridicule quelques instants plus tôt. Et son cœur qui s’était mis à battre plus fort sous l’attitude mesquine des flots commença rapidement à ralentir, jusqu’à ce que le tic et le tac de l’horloge de sa vie ne s’estompe, son esprit s’égarant dans l’invraisemblable, l’immuable… il n’y voyait plus rien, tout était noir… noir.

    Tout était fini. Pour ce corps tout était terminé.


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Gabriel S. Hale

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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 6:49

Le goût âcre de l'eau de la Tamise entre mes lèvres,
je me suis éveillé dans cette barque.
Et lui là-bas, qui est-ce ?



    Allongé, ce fut dans un souffle désespéré que son corps se contracta brutalement, s’arquant sous une position fœtale qui le fit basculer sur le côté, quelques mèches s’égarant sur son front d’une manière éparse sans qu’il ne fasse un traître geste pour les repousser. Simplement sa respiration retrouvait une certaine tranquillité à présent que l’air entrait à gros bouillon dans sa gorge, sinuant jusque dans ses poumons, lui assurant la véracité de sa possibilité de respirer à nouveau sans que le liquide l’en empêche. Lentement sa main retomba alors sur le bois sur lequel il reposait, le laissant entrouvrir ses prunelles sous une nouvelle démence, l’illusion de se trouver sur une frêle embarcation, un misérable radeau, ses vêtements défraîchis par le naufrage de son navire, de son suicide. Et lui, pirate à ses heures s’en était subitement sorti, sans doute que la chance, ou bien la malchance en l’occurrence, avait été avec lui.

    Entrouvrant ses paupières, il laissa ses pupilles flâner sur l’insignifiante barque qui paraissait voguer sur cette mer d’huile, alors qu’il se redressait, constatait que son corps semblait relativement intact tandis qu’il faisait tourner son bras pour l’observer intensément. Mais pas de voix à l’horizon, elles s’étaient tues depuis l’instant où il avait cherché à sauter, où il s’était enfui de chez sa mère. Étrangement tous ses souvenirs, du moins ceux qui ne lui faisaient pas faux bons en règle général, persistaient dans son âme. Mais à vrai dire, cela n’aurait rien dû avoir de bizarre… il devait sombrer dans une illusion visuelle, où était donc passée la tamise, et la personne qui avait dû le sortir de l’eau ? Et sa culpabilité noirâtre ? Tournant son visage de gauche à droite, se tenant brutalement entièrement debout, faisant dangereusement tanguer l’embarcation qui menaça subitement de se retourner, il cherchait à retrouver des points familiers de sa ville. Car même dans sa plus fourbe folie, Londres restait fidèle à elle-même, avec quelques petites choses différentes par instant, mais Big Ben se dressait de toute sa hauteur, constante création de l’homme qui l’aidait à s’ancrer dans la réalité. Et ici… il n’y avait rien de tout cela.

    Le petit bateau dérivait sur l’eau d’une volonté que l’on aurait dit propre, alors qu’il apercevait au loin une sorte de terre, imposante, immense… cela n’avait strictement aucun sens. Plus encore lorsqu’il remarqua le petit bonhomme qui se tenait sur la berge, le regard orienté dans sa direction comme s’il l’attendait. Mais loin de s’appesantir sur ce curieux personnage, il repensa à sa tentative de suicide. En plus d’être responsable de tant de maux, il n’était même pas capable de parvenir à quitter la terre. Pourtant quelque chose lui échappait, quelque chose était différent, et ce sans même s’appesantir sur le fait que Londres n’était plus, qu’il n’avait jamais vu une mer aussi paisible.

    Qu’avait donc dit Dante sur l’Enfer dans son livre ? Hum. Oui, peut-être venait-il de plonger dans cet univers dépressif à l’image de son âme éconduite, s’échouant sur les rives d’un lieu dont il n’aurait finalement que faire. Comme le reste de son existence, rien n’avait de véritable saveur entre ses lèvres insipides, privées de toute expression franche. Mais…

    > Tristan.

    Mais non, s’il était en enfer, il ne l’y retrouverait pas. Ah ! Il se souvenait de ce que le prêtre leur disait lorsqu’ils étaient petits : les cieux n’accueillent ni les criminels, ni les suicidés. Pourquoi… ? N’était-ce pas injuste ? N’avait-il pas purifié le monde en mettant volontairement un terme à sa propre et si misérable existence ? Car il n’arrivait à détacher l’amère saveur de sa vérité, qu’il était ce coupable, celui que le Christ aurait dû mettre sur la croix à sa place, car il était le messager du Diable. D’ailleurs, il n’était jamais parvenu à entrevoir les lumières de Dieu, pas même une frêle étincelle… Ses prunelles revinrent ainsi sur celui qui n’était plus aussi flou, son sourire factice s’accordant à ses lèvres jouissives.

    Les ténèbres avaient donc leur propre fou de Satan. Intéressant. Ou pas.

    « Bienvenue au purgatoire. » lui laissa entendre l’arlequin tandis qu’il posait son premier pied sur le sol, bientôt suivi du second sans qu’il n’en vienne un seul instant à tressaillir.

    Le silence se fit tangible alors qu’il laissait ses pupilles divaguer sur cette terre dont il ne savait rien, tout en inspectant cette simple phrase qui changeait tout. Il ne s’était donc pas encore enlisé entre les bras du démon, mais devrait-il s’y battre, y réaliser diverses épreuves dont la pesée des âmes pour savoir où serait sa place ? Il pouvait leur faire gagner du temps… en tant que suicidé, les rayons bienveillants du ciel ne scintilleraient jamais pour lui, et si ce n’était la véritable perte de son jumeau, il n’en avait strictement rien à faire. Exhalant un fiévreux soupir, il inclina sensiblement son visage pour reporter son attention volage sur son nouvel interlocuteur, celui dont les paroles n’auraient déjà plus le moindre intérêt d’ici quelques instants.

    « L’enfer c’est par où ?
    - L’enfer ? » demanda l’homme peinturluré d’un petit sourire perfide.
    « C’est ma place. »

    Hum… sens cela, la souffrance qui suinte de chaque pierre, de chaque esquisse de ces lieux.
    Et tu l’entends ?
    > Non.
    Crétin ! Tristan pleure. Bébé. Bébé. Bébé. Où es-tu ? Où te caches-tu ?
    > Il est là-haut.
    Hein hein, tu te trompes Gabriel. Nous nous savons tout. Il est ici. Cherche ! Allez mais cherche !

    L’écho lancinant de pleurs… ceux de son frère, sembla retentir tout autour de lui, le laissant perdre pied, tout repère, et même le Joker lui-même sembla prendre le visage d’une ombre. Sans importance… la culpabilité. Non. L’angoisse, elle était là cette misérable donzelle invisible, à laisser ses doigts acérés enlacer son cœur toujours aussi vivace, dont la musique taciturne n’avait de cesse de résonner à son être. Au loin… si loin… il avait l’impression d’entendre comme une sorte de bourdonnement, alors que lui-même voulait juste que tout cesse, que tout s’interrompe et que ses voix se dissipent. Pourquoi l’avaient-t-elles suivi jusqu’ici, dans l’autre monde ? Leurs présences maladives appartenaient à l’univers des vivants et non à celui des cadavres ambulants. Etait-il aussi blanc naturellement que la face d’arlequin qui se tenait… mais c’était ses lèvres qui bougeaient, tentant de toute évidence de lui dire quelque chose.

    « Quoi ?
    - Venez donc avec moi Gabriel, que je vous montre votre nouveau monde. Tristan est déjà arrivé. »

    > Tristan ?
    Ne le suis pas, regarde sa tête, c’est un monstre ! C’est un piège !
    Tue-le ! Il est mort il ne peut pas, lui aussi doit l’être. Alors torture-le ! Ouiiii ! Très bonne idée !
    Regarde… n’as-tu pas envie de savoir à quoi il ressemble ?
    > Non.
    Ah c'est Tristan ! Tu veux le toucher ? L’esquisser ? L’embrasser ? Pervers ! Malade ! Fiente de décrépitude !

    « Taisez-vous. » expia-t-il de ses lèvres qui bougèrent à peine, pâle reflet de l’agacement qui n’y transparaissait pourtant pas.

    Tout ce qu’il voulait c’était retrouver son frère, son jumeau, non pas pour se glisser entre des draps comme le supposaient ces fielleuses mauvaises langues, mais bel et bien parce qu’il était son autre, une part de lui-même, celle qui lui manquait, celui dont il n’avait pas supporté la disparition. Et si pour cela il devait suivre cet étrange personnage, il n’hésiterait pas. Après tout, n’étaient-ce pas elles qui lui avait indiqué que son sa propre chair se trouvait en ces murs ? Lui ayant même fait percevoir ses pleurs, sa détresse, sa douleur. Et qu’il finisse par le guider dans les affres des enfers ne lui faisaient aucunement peur, après tout il avait accepté bien plus tôt l’inévitable, dès qu’il avait repensé aux paroles du prêtre qui redevenaient insaisissables, ne laissant dans un coin de clarté que cette réalité où il aurait dû rejoindre les chaînes des ténèbres et expier pour l’éternité le crime d’avoir mis fin à son intolérable existence porteuse de chaos et de douleurs.

    Aussi se contenta-t-il de lui emboîter le pas, tout en tentant de lui accorder la plus grande attention dont il était capable, mais cela se révélait difficile. Dès qu’il entrevoyait une nouvelle chose, les méandres de son âme se faisaient tumultueuses, incohérentes, comme lorsqu’il tentait d’esquisser les touches d’un piano pour redonner vie à une vieille sonate. Cela se révélait tout bonnement impossible, et le Joker paraissait faire en sorte d’entrer à nouveau dans son chant de vision, de recadrer son attention si vacillante, à l’image de cette flamme au souffle incertain, menaçant de s’éteindre à chaque seconde qui s’écoulait, sous chaque esquisse du vent frondeur qui se faufilait entre chaque interstice du bâtiment protecteur. Une nouvelle vie se dessinait face à lui, mais cela n’avait finalement aucun véritable intérêt…

    Gabriel… Gabriel… ne m’ignore pas… Je t’aime.
    Ecorche… Oui, écorche celui-ci. Tu verras… c’est par ce sang que nous te laisserons.
    C’est ce que tu veux n’est-ce pas ?

    Ses pupilles folâtrèrent sur l’être qu’elles lui désignaient, distillant son attention à des millénaires du Joker qu’il n’aurait jamais effleuré, simplement parce qu’il était celui qui savait que Tristan était ici. Celui qui… à vrai dire il n’écoutait qu’une phrase sur deux de ce qu’il lui racontait, mais cela ne le dérangeait pas. Il comprenait jusqu’ici que tel ou tel endroit servait à dormir, qu’il fallait faire ceci pour obtenir cela, que… cela ne s’arrêtait pas vraiment. Mais ce n’était bien évidemment que l’esquisse taciturne de ce monde dont il était certain qu’il ne lui confiait pas tout. Gabriel devrait apprendre à y vivre, y avancer, y évoluer, tout comme Londres, même s’il n’y trouverait sans doute jamais ce degré de familiarité qui lui précisait si ce qu’il voyait été réel ou non. Aucun voile de sa mémoire ne pourrait jamais le lui souffler, sans doute pour le laisser sombrer dans les marécages malsains d’une folie encore plus sournoise. Mais l’image de son frère revint à cette seconde flotter devant ses yeux, le poussant à entrouvrir à nouveau les lèvres sous une interrogation parfaitement justifiée.

    « Et Tristan ?
    - Il est ici.
    - Où ? » insista-t-il tout en braquant impitoyablement ses prunelles sur le Joker, qui lui se contenta d’éclater d’un rire hystérique, fou, cinglé.

    Quelques pas… quelques mètres… il le poursuivit pour tenter de le rattraper, de le suivre, peut-être encore guidé, mais ce ne fut que pour se retrouver dans des ruelles sinistres et vides de toute présence. Son guide s’en était allé, disparaissant sans même lui indiquer le lieu où vivait son jumeau. L’amertume s’étala ainsi le long de sa langue, lui offrant une fragrance instable d’angoisse, comme si chaque ombre de ces lieux était susceptible de lui vouloir du mal, comme si chacune d’elles étaient également capables de renfermer celui dont le rire lui trottait encore dans la tête. S’approchant vivement d’elles, il laissa ses doigts dériver, arpenter les murs à sa recherche. Non il n’était pas ici. Ni là. Et puis comment pourrait-il se cacher dans un mur ? Mais il l’entendait encore… du moins le pensait-il, c’était donc qu’il n’était pas loin. Et dans l’univers de la dame en noire, qu’est-ce qui était possible et qu’est-ce qui ne l’était pas ? Peut-être pouvait-on s’enliser dans les flaques noirâtres qui arpentaient les briques… peut-être.

    Ah ! Ah ! Il s’en moquait après tout ! Le monde pouvait bien être ce qu’il voulait… Oui, et s’il tuait, elles s’en iraient. Peut-être. Ce n’étaient que des menteuses, elles n’avaient jamais fait que cela. Le traiter plus bas que terre et prétendre l’aimer. Et lui… il les aimait en un sens. Lorsqu’il était perdu, il n’avait qu’elles, leurs voix douceâtres, leurs murmures insipides, d’autant plus depuis que son frère avait disparu. Ce ne fut que le souffle court qu’il s’immobilisa, conscient que rien ne se trouvait dans ces immondes cachettes, soufflant ses craintes et ses angoisses, mais ternissant également l’idée de retrouver celui qui lui avait glissé le nom de Tristan pour l’attirer.


Dernière édition par Gabriel S. Hale le Sam 21 Fév - 16:26, édité 1 fois
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Gabriel S. Hale

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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 6:51

  • Me

    >> Avatar de la célébrité : Gaspar Ulliel
    >> Poste Vacant ? Oui.
    >> Nom/Pseudo : Laps.
    >> Âge : Joker... mais c'est marqué quelque part je crois bien.
    >> Présence sur 7 : 3/7 en post. Mais je passerai en moyenne tous les jours.
    >> Niveau rp : Bon.
    >> Une appréciation du forum et pourquoi - Des commentaires ? Et bien c'est un très beau forum dont le contexte sort de l'ordinaire. C'est d'ailleurs vraiment recherché, j'aime beaucoup !
    Et euh... un commentaire ? On pourrait avoir la liste des membres connectés au cours des dernières 24h ? J'aime bien x) ...

    >> Code : OK BY AIDAN


Dernière édition par Gabriel S. Hale le Sam 21 Fév - 16:46, édité 1 fois
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Aidan G. Eden
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 7:32

Bienvenue sur le forum, merci de ton inscription! Smile
(tes commentaires font d'ailleurs plaisir, merci ^^)
La liste des membres connectés a été mise en place (:

Dooonc très bon choix de PP, bonne chance avec ta fiche!
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Gabriel S. Hale

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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 11:05

Merci beaucoup Very Happy !
Y compris pour la liste des membres.

J'approuve... j'ai un peu flashé sur Gabriel on va dire. Son esprit dérangé... j'adore !
Merci, d'ailleurs j'ai posté le premier RP, le second suivra bientôt, soit ce soir, soit demain. (Faut que je me décide sur celui que je ferai xD)
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Heather M. Trestman
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 11:11


    Shocked Je viens de tomber amoureuse de Gaby ! Very Happy
    Ton avatar est tout simplement grandiose >.<
    *ah... Gaspard...* I love you

    Bon ok je sors Arrow

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Aidan G. Eden
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 11:19

Définitif, faut qu'on ait un lien.
Absolument. x)
Ton post est wahh!!

[HJ: Kiinder } ehhhh tu vas pas me dumper pour lui, heiin?]
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Heather M. Trestman
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 11:35


    Twisted Evil Faut voir...
    C'est Gaspard quand même ! I love you
    xD Mais non, c'est toi mon fou préféré !

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Gabriel S. Hale

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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 16:31

Bon et bien je l'ai déjà dis sur la box, mais merci beaucoup à vous deux Very Happy
Et pour les liens... *faut quand même garder des preuves x)* c'est totalement d'accord !

Mdr x) .....

En tout cas voilà, j'ai posté mon second RP, j'espère que ça ira :/ ... comme j'ai fait intervenir le Joker. Autrement dit j'ai fini. S'il y a un soucis, je suis toute ouïe.
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 16:41

Je vérifie ça! Very Happy
(et il te manque ton code ^^'')
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 16:44

D-P
C'est parfait! <3
Te manque ton code et je valide! Smile
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 16:45

Merciiiiiii <333
Non mon code il est mis... c'est juste que c'est pas marqué devant...Attend j'édite pour que tu le vois x)
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Aidan G. Eden
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 16:48

Zut jsuis stupide, j'étais sûre qu'il était en haut!
Loser points pour le Joker! XDD
Breff je valide et te présente mes excuses, vilaine admin que je suis! =O
Bienvenue! Very Happy
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   Sam 21 Fév - 16:56

Mais non t'es pardonné si tu me dis enfin où est Tristan *sort*
Hum, non mais j'avais hésité à marquer code devant en plus, donc c'est rien du tout.
Re - merciiii !!!
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MessageSujet: Re: Gabriel { & his voices -- Us : Chosen Ones || Finish   

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